Quand on parle de CBD, on pense généralement au cannabidiol. Pourtant, une fleur de chanvre contient naturellement des centaines de molécules différentes : cannabinoïdes, terpènes, flavonoïdes et autres composés végétaux.
Cette diversité participe directement au caractère de chaque variété : son parfum, ses saveurs, mais aussi la manière dont ses différents composés peuvent interagir entre eux.
C'est notamment ce que l'on appelle l'effet d'entourage.
Mais quel est le rôle des terpènes et des flavonoïdes ? Et surtout, pourquoi les méthodes de culture peuvent-elles avoir une influence sur leur richesse ?
Les terpènes : l'identité aromatique de chaque fleur
Les terpènes sont des molécules naturellement produites par les plantes. On en retrouve dans les agrumes, les résineux, la lavande, le houblon et bien sûr le cannabis.
Dans le chanvre, ils sont principalement produits dans les trichomes, ces petites structures résineuses qui recouvrent les fleurs.
Ils sont responsables d'une grande partie de leur profil aromatique et gustatif.
Selon sa génétique et ses conditions de culture, une fleur peut ainsi présenter des notes :
- citronnées et fraîches avec le limonène ;
- florales avec le linalol ;
- boisées et résineuses avec les pinènes ;
- terreuses et fruitées avec le myrcène ;
- poivrées et épicées avec le β-caryophyllène ;
- boisées, terreuses ou houblonnées avec l'humulène.
Mais une fleur ne se résume jamais à un seul terpène. C'est l'association de nombreuses molécules et leurs différentes proportions qui crée son profil aromatique.
C'est pourquoi deux variétés présentant un taux de CBD similaire peuvent avoir des odeurs et des saveurs radicalement différentes.
Les flavonoïdes : des molécules végétales encore méconnues
Les flavonoïdes constituent une autre grande famille de composés naturellement présents dans les plantes.
Certains participent notamment à la coloration et aux mécanismes de défense des végétaux. Le cannabis possède également ses propres flavonoïdes, notamment les cannflavines A, B et C, relativement caractéristiques de cette plante.
Les flavonoïdes viennent donc compléter le profil chimique du chanvre aux côtés des cannabinoïdes et des terpènes.
Ils sont encore moins étudiés que ces derniers, mais leur présence contribue à la grande diversité moléculaire naturellement produite par la plante.
Cannabinoïdes, terpènes et flavonoïdes : l'effet d'entourage
Une fleur de CBD ne contient donc pas simplement « du CBD ».
Elle contient un ensemble de composés qui peuvent interagir entre eux. Cette complémentarité est à l'origine du concept d'effet d'entourage.
L'idée est que les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes et les autres molécules de la plante ne fonctionnent pas nécessairement de manière totalement indépendante.
Autrement dit, la richesse d'une fleur réside aussi dans son ensemble, et pas uniquement dans son taux de CBD.
Les recherches scientifiques s'intéressent aujourd'hui de plus en plus à ces interactions entre les différentes molécules du cannabis.
Le sol vivant : créer les conditions d'une plante plus complexe
La génétique détermine une grande partie du potentiel d'une variété. Mais elle ne fait pas tout.
La lumière, la température, l'eau, les nutriments, le climat et les interactions entre les racines et les micro-organismes du sol peuvent également influencer le métabolisme de la plante (voir notre article sur le terroir).
C'est précisément l'un des intérêts de la culture en sol vivant.
Dans un sol vivant, la plante évolue au sein d'un véritable écosystème composé notamment de bactéries, de champignons, de matière organique et de nombreux organismes du sol.
Les racines ne sont donc pas simplement alimentées par une solution nutritive : elles évoluent dans un environnement biologique complexe.
Cette interaction entre la plante et son environnement peut influencer la production de ses métabolites secondaires, parmi lesquels se trouvent les terpènes et les flavonoïdes.
Une étude compare directement sol vivant et culture artificielle
Une étude publiée dans Molecules apporte un élément particulièrement intéressant.
Les chercheurs ont comparé des plants de cannabis génétiquement identiques, cultivés selon deux méthodes :
Culture artificielle : intérieur, lumière artificielle et substrat artificiel.
Culture naturelle : extérieur, lumière naturelle et sol vivant.
Les analyses ont montré des différences significatives dans les profils métaboliques des plantes. Les fleurs cultivées en extérieur dans le sol vivant présentaient notamment une plus grande diversité et une quantité plus importante de certains terpènes, notamment de plusieurs sesquiterpènes.
Cette étude est particulièrement intéressante car elle montre qu'une même génétique peut produire une composition chimique différente selon son environnement de culture.
Le résultat ne signifie pas que le sol vivant est l'unique facteur responsable : la lumière naturelle et l'ensemble des conditions extérieures participent également à la différence.
Mais il confirme une chose essentielle : la manière dont une plante est cultivée peut influencer la richesse moléculaire de sa fleur.
Naturellement riche ou artificiellement aromatisé ?
Cette question est devenue particulièrement importante avec la popularisation des terpènes dans l'industrie du CBD.
Il existe aujourd'hui des solutions permettant d'ajouter des terpènes après la récolte afin d'intensifier ou de modifier l'arôme d'une fleur.
Le procédé peut permettre de donner à une fleur des notes très marquées de fruits, d'agrumes, de fleurs ou d'épices, sans que ces arômes proviennent nécessairement de la richesse naturelle de la plante.
Le problème n'est pas l'existence de ces produits en elle-même : les terpènes sont des molécules naturelles et leur utilisation pour l'aromatisation existe dans de nombreux secteurs.
La question est plutôt celle de la transparence.
Une fleur naturellement riche en terpènes possède un profil complexe composé de nombreuses molécules. Une fleur aromatisée peut, elle, présenter une odeur extrêmement puissante grâce à l'ajout de quelques composés.
Une odeur très forte ne signifie donc pas nécessairement qu'une fleur possède naturellement beaucoup de terpènes.
Chez CBDT, nous privilégions la richesse naturelle de la plante
C'est justement pour cette raison que nous accordons une importance particulière aux méthodes de culture et au sol vivant.
Notre philosophie consiste à laisser la plante développer naturellement son potentiel plutôt qu'à chercher à reproduire artificiellement son profil aromatique après la récolte.
Pour nous, la qualité d'une fleur ne se résume pas à son pourcentage de CBD.
Elle repose sur un ensemble :
Génétique + sol vivant + environnement + lumière + culture + séchage + conservation.
Cette approche permet de préserver la complexité naturelle du chanvre et les nombreuses molécules qu'il produit, en lien notamment avec son terroir d'origine.
Une fleur de CBD est bien plus qu'un taux de CBD
Le CBD est évidemment une molécule importante, mais il ne représente qu'une partie de la composition d'une fleur.
Terpènes, flavonoïdes, cannabinoïdes et autres composés végétaux forment un ensemble complexe, responsable notamment de la diversité des arômes et des caractéristiques propres à chaque variété.
Et cette richesse commence bien avant la récolte.
Elle commence dans la génétique, dans le sol et dans l'environnement dans lequel la plante grandit.
C'est toute la différence entre produire une fleur et laisser une plante exprimer pleinement sa richesse naturelle.
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